“Va jouer dehors !”
Si cette phrase peut sembler anodine, elle contient en réalité une clé précieuse du développement de l’enfant : le mouvement. Car c’est en courant, sautant, manipulant, testant, que les enfants intègrent en profondeur ce qu’ils observent.
Et lorsqu’on y ajoute une dimension pédagogique, les jeux de plein air deviennent des alliés puissants de l’apprentissage.
Dans cet article, tu vas découvrir comment transformer un simple jardin, un parc ou une cour d’école en un véritable terrain d’éveil, de concentration, de logique, de vocabulaire ou de coopération. Voici les meilleurs jeux de plein air qui permettent d’apprendre… tout en se dépensant.
Pourquoi apprendre en bougeant ?

Les neurosciences le confirment : mouvement et apprentissage sont liés. L’enfant n’est pas un cerveau posé sur une chaise, il apprend par tout son corps.
Courir, toucher, se repérer dans l’espace… tout cela active les mêmes zones que la concentration, la mémoire ou le langage.
Bouger :
- Renforce les connexions neuronales,
- Réduit le stress (meilleure disponibilité mentale),
- Stimule l’attention, surtout chez les enfants TDAH ou agités,
- Favorise l’enthousiasme et le plaisir d’apprendre.
Quels types d’apprentissages développer dehors ?
Les jeux extérieurs peuvent renforcer :
- La motricité globale (coordination, équilibre),
- La logique spatiale (orientation, repérage, mémoire visuelle),
- Le vocabulaire actif (verbes d’action, objets, couleurs, catégories),
- Les mathématiques concrètes (quantités, formes, classement),
- La coopération et les règles sociales (attente, écoute, travail d’équipe).
10 jeux de plein air éducatifs à mettre en place facilement
1. La chasse aux objets par catégorie
Prépare des étiquettes ou des images (animaux, formes, couleurs, aliments…).
Cache-les dans un espace extérieur, puis demande à l’enfant :
– “Rapporte-moi 3 animaux qui volent”,
– “Trouve une forme ronde et une forme triangulaire”,
– “Cherche deux objets rouges”.
Apprentissage : vocabulaire, tri, logique de classement.
2. Le parcours à consignes (motricité + mémoire)
Dessine un parcours (cerceaux, plots, cordes…) où chaque étape comporte une consigne :
– “Saute deux fois à pieds joints”,
– “Crie le nom d’un animal en courant”,
– “Fais un calcul mental en sautillant”.
Apprentissage : mémoire de travail, motricité, attention.
3. Le relais des nombres
Prépare des fiches ou des objets numérotés.
Les enfants doivent courir, en binôme ou par équipe, pour :
– Remettre les nombres dans l’ordre,
– Résoudre une opération et trouver la bonne fiche,
– Compléter une suite logique.
Apprentissage : numération, calcul, travail d’équipe.
4. Le jeu des lettres géantes
Trace des lettres sur le sol à la craie ou dispose des cartons avec l’alphabet.
Donne des défis :
– “Va sauter sur la lettre du mot chat”,
– “Compose ton prénom en courant de lettre en lettre”,
– “Touche une voyelle avec ton pied gauche !”
Apprentissage : lecture, repérage, phonologie.
5. Le jeu du guide aveugle
Par binômes : un enfant a les yeux bandés, l’autre le guide à la voix pour l’amener à un objet précis sans le toucher.
Ajoute des défis : “tourne à gauche”, “avance de 3 pas”, “évite l’arbre”.
Apprentissage : écoute, langage directionnel, confiance.
6. Le memory géant nature
Cache des objets ou des cartes en double sous des plots ou des tissus.
Les enfants retournent deux par deux… comme un memory classique, mais grandeur nature !
Apprentissage : mémoire visuelle, logique.
7. L’atelier “Land art”
Invite les enfants à créer un tableau ou une sculpture en extérieur avec ce qu’ils trouvent (feuilles, cailloux, bâtons…).
Ajoute une consigne : représenter une lettre, une émotion, un animal…
Apprentissage : créativité, symbolisation, expression.
8. Le rallye d’observation
Donne une liste d’éléments à observer ou photographier (quelque chose de jaune, un insecte, un arbre à feuilles rondes…).
Variante : avec jumelles ou loupe pour “faire comme les explorateurs”.
Apprentissage : observation, vocabulaire, exploration.
9. La construction collaborative
Avec des planches, des briques en mousse, ou des éléments naturels, propose de construire une cabane, un pont, un enclos…
Apprentissage : résolution de problème, planification, coopération.
10. Le quiz à défis physiques
Prépare des questions éducatives (maths, histoire, science…).
À chaque bonne réponse = une action (sauter, lancer, courir) ; à chaque erreur = un petit gage marrant.
Apprentissage : mémorisation + ancrage kinesthésique.
Erreur fréquente : croire qu’un enfant “ne tient pas en place” ne peut pas apprendre
C’est souvent l’inverse. Beaucoup d’enfants dits “agités” ou “distraits” sont en fait des apprenants kinesthésiques.
Ils ont besoin de bouger pour se concentrer. Les contraindre à l’immobilité est parfois contre-productif.
Solution : intégrer le mouvement dans l’activité pédagogique, même en intérieur.
Astuce bonus : créer une valise “jeux éducatifs plein air”
Prépare une petite boîte ou sac contenant :
- Des craies,
- Des cartes mots/images,
- Des chiffres en mousse ou bois,
- Un dé géant,
- Des consignes plastifiées.
Toujours prêt à être emporté au parc, à la plage, ou dans un jardin partagé.
Donnée clé
Une étude menée par l’Université d’Oxford (2022) montre que les enfants qui intègrent au moins 30 minutes d’apprentissage en mouvement par jour améliorent significativement leurs capacités d’attention et de mémorisation à l’école.
À retenir
- Apprendre dehors stimule la mémoire, la concentration et le plaisir,
- De simples jeux peuvent devenir très pédagogiques, sans matériel compliqué,
- Bouger aide aussi à réduire les tensions et favoriser la coopération,
- Chaque jeu peut être adapté selon l’âge et le niveau de l’enfant.
Mini-FAQ
À partir de quel âge peut-on proposer des jeux éducatifs dehors ?
Dès 2–3 ans, avec des consignes simples, des objets visibles et du jeu libre structuré.
Faut-il un jardin pour mettre cela en place ?
Non, un simple espace extérieur sécurisé suffit : square, cour d’école, coin de parc…
Et si l’enfant veut juste courir ?
Intègre ses envies dans une consigne éducative (“Cours jusqu’à l’arbre, crie une lettre, puis reviens !”).
Le plein air n’est pas une pause dans les apprentissages. C’est souvent le meilleur terrain d’école qui soit.
Et si chaque promenade devenait une exploration, chaque jeu un tremplin, chaque rire un vecteur de mémoire ?
Alors enfile des baskets, prépare quelques cartes… et va apprendre dehors.